POURQUOI CELA SE PRODUIT-IL ?
POUVONS-NOUS L'ÉVITER ?
POUVONS-NOUS LE PRÉVOIR ?
POUVONS-NOUS LA TRAITER EFFICACEMENT ?
Cette affection est appelée mort subite cardiaque (MSC). Médicalement, elle est définie comme un décès naturel d'origine cardiaque, accompagné d'une perte de conscience soudaine survenant dans l'heure suivant l'événement cardiaque. Son incidence est de 0.2 à 0.4 % aux États-Unis. En effet, 65 % des patients admis en soins intensifs pour un infarctus n'avaient présenté aucun signe avant-coureur. Plus de 7 millions de décès sont attribués à la MSC dans le monde.
Notre cœur fonctionne comme une pompe électrique, assurant la circulation sanguine rythmique vers toutes les parties du corps. Lorsque ce rythme est perturbé, des impulsions électriques rapides et irrégulières, appelées arythmies, peuvent survenir. Ces arythmies sont de natures diverses, selon la zone du cœur où elles se produisent. La cause la plus fréquente de mort subite cardiaque (MSC) est un type d'arythmie appelé fibrillation ventriculaire, caractérisée par un accélération anormale du rythme cardiaque, rendant l'activité électrique du cœur incontrôlée et irrégulière. Chez les personnes ayant un cœur sain, un facteur déclenchant externe, tel qu'un choc électrique, la consommation de drogues illicites ou un traumatisme thoracique, peut également provoquer une MSC.
Il existe d'autres affections pouvant provoquer une mort subite cardiaque, comme la maladie coronarienne, caractérisée par un blocage ou un rétrécissement des vaisseaux sanguins (artères) qui irriguent le cœur. Ces blocages sont généralement dus à des dépôts de graisse ou de cholestérol qui rétrécissent le vaisseau et, par conséquent, perturbent le flux sanguin. Parfois, une petite partie de ces dépôts peut se détacher et obstruer complètement une artère, provoquant un infarctus. Ceci peut entraîner une arythmie et un arrêt cardiaque soudain. Il peut également rester des tissus nécrosés ou cicatriciels dans le cœur, qui peuvent eux-mêmes déclencher des arythmies.
L'arrêt cardiaque soudain est si souvent lié à la maladie coronarienne que les facteurs de risque de ces deux affections sont similaires. Parmi ceux-ci figurent les antécédents familiaux de maladie coronarienne, le tabagisme, l'hypertension artérielle, l'hypercholestérolémie, l'obésité, le diabète, la sédentarité et la consommation excessive d'alcool. D'autres facteurs peuvent également augmenter le risque d'arrêt cardiaque soudain, notamment les antécédents familiaux d'arrêt cardiaque, un antécédent d'infarctus, et un âge de 45 ans pour les hommes et de 55 ans pour les femmes. Les hommes sont deux à trois fois plus susceptibles d'en être victimes que les femmes. La consommation de drogues illicites telles que la cocaïne ou les amphétamines, ainsi qu'un déséquilibre nutritionnel comme une carence en potassium ou en magnésium, constituent également des facteurs de risque.
Les patients victimes d'un arrêt cardiaque soudain peuvent présenter un collapsus brutal, une absence de pouls et de respiration, ainsi qu'une perte de conscience. Parfois, d'autres signes et symptômes peuvent être observés, tels que fatigue, évanouissement, perte de connaissance, vertiges, douleurs thoraciques, essoufflement, faiblesse, palpitations ou vomissements. Cependant, l'arrêt cardiaque soudain survient souvent sans aucun signe avant-coureur.
Un arrêt cardiaque soudain exige une intervention immédiate pour la survie. Dans de tels cas, la réanimation cardio-pulmonaire (RCP) est indispensable. Il s'agit d'une procédure d'urgence visant à rétablir la circulation sanguine et la respiration chez la personne en arrêt cardiaque. Elle consiste en des compressions thoraciques d'au moins 5 cm de profondeur à un rythme d'au moins 100 par minute. Ceci permet de créer une circulation artificielle en pompant manuellement le sang à travers le cœur. Le secouriste peut également pratiquer une respiration artificielle en insufflant de l'air dans la bouche de la victime. La RCP peut rétablir partiellement la circulation sanguine oxygénée vers le cerveau et le cœur. C'est un traitement d'urgence très utile qui peut contribuer à sauver la vie du patient jusqu'à l'arrivée des secours.
Une fois sur place, les secours peuvent administrer un choc électrique au niveau de la poitrine du patient grâce à un défibrillateur. Cet appareil est particulièrement utile en cas d'arythmie potentiellement mortelle. Le choc interrompt momentanément le rythme cardiaque perturbé, permettant souvent le retour à un rythme normal. Le choc peut être administré par les services d'urgence ou par un particulier si un défibrillateur public est disponible. Les défibrillateurs existent en format compact et portable et sont dotés d'instructions automatisées intégrées pour une utilisation correcte. Ils sont programmés pour reconnaître la fibrillation ventriculaire et n'administrer un choc que lorsque cela est nécessaire.
Il n'existe aucun moyen sûr de connaître son risque d'arrêt cardiaque soudain ; la meilleure stratégie consiste donc à le réduire. Pour ce faire, il est recommandé de passer des examens médicaux réguliers, de se faire dépister pour les maladies cardiaques et d'adopter un mode de vie sain, notamment en ne fumant pas, en suivant un régime alimentaire équilibré et en pratiquant une activité physique régulière.
Si vous savez que vous souffrez d'une maladie cardiaque ou d'affections qui vous rendent plus vulnérable à une mauvaise santé cardiaque, votre médecin pourra vous recommander de prendre les mesures appropriées pour améliorer votre santé, comme la prise de médicaments contre l'hypercholestérolémie, la gestion attentive du diabète et de l'hypertension artérielle ou la limitation de votre activité physique.
Il est essentiel que toute la communauté soit formée aux gestes de premiers secours. Cela sauve des vies. Cette formation devrait être dispensée non seulement dans les entreprises et les administrations, mais aussi dans les écoles et les universités. Des campagnes de sensibilisation et des formations peuvent être organisées par différents organismes. Chaque citoyen devrait connaître les gestes de premiers secours et, si possible, savoir utiliser un défibrillateur. On ne sait jamais quand on sera confronté à une situation où quelqu'un s'effondre à côté de soi. Dans ce cas, il faut être prêt.









