Mumbai, Fagan Sud 4, samedi 1947
Salutations ! Salutations ! À l'Éternel
Ce monde est accablé par les souffrances physiques, mentales et matérielles. Il est aussi pitoyable que celui qui court chercher de l'eau dans un mirage pour étancher sa soif. Par ignorance, ayant oublié la nature du Soi, il est pris dans le cycle terrible des naissances et des morts. À chaque instant, il endure d'immenses souffrances, maladies, peur de la mort, désespoir de la séparation, etc. Pour un monde en proie à de telles insécurités, seul un Être Éveillé est un refuge. Hormis les paroles de l'Être Éveillé, nul ne peut anéantir cette souffrance et cette soif ; cela est certain. C'est pourquoi, sans cesse, je médite sur les Pieds de Lotus de cet Être Éveillé.
Le monde est plein de souffrances. Si quelqu'un éprouve le moindre réconfort, c'est grâce à la grâce d'un Être Éveillé. Sans mérite (shubh karma), le réconfort est inaccessible ; et même ce mérite (shubh karma) est inconnu de tous sans l'enseignement de l'Être Éveillé. Après une longue période, ce mérite (shubh karma) acquis par l'enseignement se manifeste dans le respect des coutumes. C'est pourquoi il peut sembler provenir des écritures, etc., mais seul l'Être Éveillé en est la source. Ainsi, je comprends que la cause de tout état de bien-être, du plus infime réconfort à l'accomplissement complet, réside uniquement en l'Être Éveillé. Malgré ses immenses capacités, Il est dépourvu de désirs, d'excitation, de sentiment d'appartenance, d'orgueil et de vanité. Un tel Être Éveillé, incarnation de la merveille, je le loue sans cesse.
Celui qui règne sur le Seigneur des trois mondes et qui se comporte pourtant d'une manière si mystérieuse qu'il est extrêmement difficile pour un homme ordinaire de le reconnaître, un tel Être Illuminé, je chante sa gloire encore et encore.
Rester totalement détaché, même un instant, est plus difficile que de conquérir les trois mondes. Celui qui vit en permanence dans un tel détachement, voyant l'état intérieur de ces êtres illuminés, je m'incline avec une profonde admiration.
Seigneur ! Je crois que la libération est possible même en cette ère. Comme l'expliquent les écritures jaïnes, s'il n'y a pas de libération en ce temps-ci, alors, dans ce cas, confirme cette interprétation et, au lieu de m'accorder la libération, accorde-moi la grâce de méditer sur les Pieds de Lotus de l'Éveillé et de vivre en Sa proximité.
Ô Être Éternel ! Je ne crois pas qu'il y ait de différence entre Toi et un Être Éveillé ; plus encore que Toi, l'Être Éveillé m'est plus précieux, car Toi aussi dépends de Lui. Sans comprendre l'Être Éveillé, je ne pouvais Te comprendre, et c'est cette incompréhensibilité de Toi qui fait naître en moi l'amour de l'Être Éveillé. Car, même si Tu dépends de Lui, Il est dépourvu d'arrogance et est plus simple encore que Toi. Alors, que dois-je faire ?
Seigneur ! Ne t'offense pas que je glorifie un Être Illuminé plus que Toi ; le monde entier chante Ta gloire ; alors si je Le glorifie, où s'attend-Il à une quelconque glorification, et où s'offenses-tu ?
Vous demandez aux Sages de connaître le passé, le présent et l'avenir, et pourtant de ne pas les révéler ? À cet égard, il semble que le Seigneur souhaite que, hormis certaines questions spirituelles, les Sages ne dévoilent rien d'autre concernant le passé, le présent et l'avenir ; et cela semble également être leur désir le plus profond. Celui qui n'a aucune attente, car il n'y a plus rien à faire, accomplit seulement ce qui se présente comme le destin.
Je ne possède pas ce genre de connaissance qui permet de connaître dans leur totalité les trois temps, passé, présent et futur, et je ne m'y intéresse pas particulièrement ; mon amour va à la dévotion au Soi véritable et au détachement du monde.
Cela constitue à lui seul une humble présentation.
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docilement









